Retour des textes que j'ai pris plaisir à écrire. Jouer du piano au milieu d'une forêt... Oué, j'kifferais bien. J'aime bien ce genre de texte, parce qu'il faut en dire le plus en peu de lignes. Toute la difficulté est de ne pas donner l'air d'être pressé. C'est vraiment une mini mini mini nouvelle. ______________________________________________________________________________

Retour des textes que j'ai pris plaisir à écrire. Jouer du piano au milieu d'une forêt... Oué, j'kifferais bien. J'aime bien ce genre de texte, parce qu'il faut en dire le plus en peu de lignes. Toute la difficulté est de ne pas donner l'air d'être pressé. C'est vraiment une mini mini mini nouvelle. ______________________________________________________________________________
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IL ETAIT UNE FOIS UN PIANO, DANS LA CLAIRIERE.


Histoire écrite pour Lara.


***Elle devait travailler aux champs, mais elle préfère ramasser les mûres, quitter ses chaussures et courir à travers la lande et la forêt, fouler de ses pieds nus l'herbe imbibée de rosée. Et le soir, lorsque la lune est pleine, elle s'en va chanter dans la clairière, accompagnée de son piano, et elle joue jusqu'à ce qu'au loin l'aube naisse. L'hiver, la neige qui tombe se fait plus chaude dans la clairière et l'automne, les feuilles cuivrées dansent au rythme de la mélodie. Que chante-t-elle? La passion... et la tendresse. Âme solitaire, elle célèbre les amoureux, unit ceux qui sont divisés, éveille le sentiment là où on le croyait éteint.

***Elle fait des jaloux, comme cette autre qui ne comprend rien de ce qu'elle chante, qui prétend connaître l'amour sans l'avoir vécu. Celle-la même qui, un soir, envoie les loups la dévorer. Mais les braves bêtes, touchées par la musique, se couchent à ses pieds. Face à l'échec, la noirceur de l'âme lui fait élaborer un plan machiavélique. Progressivement, elle distille un poison mortel dans les aiguilles de sapin, poison qui vous présage une mort lente et silencieuse.

***Le lendemain, alors qu'elle partait officier les noces du soleil avec la lune, la jeune fille se pique aux sapins et son agonie commence. Elle ne finira pas son morceau ce soir. L'ennemie jubile. Mais en châtiment, les loups qu'elle envoyait jadis la dévorent à présent. Et ceux-ci, en commémoration, chaque fois que la lune est pleine, poursuivent à leur façon le concerto de la jeune fille.


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# Posté le jeudi 11 octobre 2007 11:55

Modifié le samedi 19 janvier 2008 05:42

Je vous livre encore de la... crotte, pour changer. Non, mais dès que j'ai eu fini de l'écrire, celui-là, je l'aimais déjà plus. Fallait juste que ça sorte. J'en ai marre de décrire mon quotidien, c'est lassant, presque sec niveau inspiration. juste du travail d'écriture. Bientôt, le retour des histoires avec les zoizos et tout, promis, ça me manque à moi aussi... ______________________________________________________________________________

Je vous livre encore de la... crotte, pour changer. Non, mais dès que j'ai eu fini de l'écrire, celui-là, je l'aimais déjà plus. Fallait juste que ça sorte. J'en ai marre de décrire mon quotidien, c'est lassant, presque sec niveau inspiration. juste du travail d'écriture. Bientôt, le retour des histoires avec les zoizos et tout, promis, ça me manque à moi aussi... ______________________________________________________________________________
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***Un jour de plus, encore, plongé dans le brouillard d'une routine acerbe. La douche ne réveille plus, l'eau ruisselle sur le corps inerte et cuit la peau. Aucun esclandre, silence assomant au milieu des vertiges vaporeux que berce le bruit tranquille de l'eau qui fuit. A présent, le sommeil lui-même fatigue.

***Puis le réveil brutal, après un premier repas élipsé. Une course éphémère pour un train qui ne sifflera qu'une fois. La bouche devient malade, tant le coeur a remonté jusqu'à la gorge. On manque de rendre face aux remous des transports, où chaques parfums entremêlés devient Palais des puanteurs.






***Nous nous noyons au milieu de ces visages las et émaciés, le désir d'identité s'efface face à l'anonymat du tout. Monotonie d'un chemin suivi sans conscience, mécanique d'une humanité hors service. Dans un silence bruyant mais peut bavard, nos pas nous parlent, nos téléphones aussi. Puis la masse s'arrête un temps, s'aglutine comme des mouches avides de l'Information gratuite et d'horoscopes falacieux. Autour, une forêt de publicités qui nous agresse de slogans formateurs.

***Nos sens s'épuisent, hélas, une heure à peine pour une journée. Persiste encore les cours magistraux et la cadence effrenée du scolaire. Décalage total... Nous dormons.


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# Posté le mercredi 10 octobre 2007 16:29

Modifié le samedi 19 janvier 2008 05:43

Descendre les verres, descendre en enfer, descendre l'abîme, descendre dans votre estime Pardon J'ai honte de moi, de ma lâcheté, de ma faiblesse. Je hais mes sentiments parce qu'ils ne vont que dans un sens. Je suis fatigué de ce putain de monde...______________________________________________________________________________

Descendre les verres, descendre en enfer, descendre l'abîme, descendre dans votre estime Pardon J'ai honte de moi, de ma lâcheté, de ma faiblesse. Je hais mes sentiments parce qu'ils ne vont que dans un sens. Je suis fatigué de ce putain de monde...______________________________________________________________________________
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***Position fragile quand on passe de satellite à centre, qu'il soit d'impulsion ou non. Un nouvel environnement, de nouveaux problèmes. Je ne sais plus où j'en suis, humainement parlant. L'agacement face à des admirations béates et à des compliments aveugles. Je suis pianiste débutant, écrivain novice, dessinateur amateur, piètre comédien. Celui que vous admirez tant n'est qu'un tas de blessures ouvertes qui ne sait pas s'apprécier ne serait-ce qu'un temps soit peu. Un pathétique éploré qui n'accepte pas l'idée d'être aimé par une autre que celle qu'il a choisi. Et tout va trop vite. Je donne peut-être trop de tendresse, parce qu'ailleurs on me la refuse, mais vous vous trompez, ouvrez les yeux, je ne suis pas fait pour vous. Je ne suis pas froid, je ne vous repousse pas, seulement je sers ma passion pour d'autres desseins que les vôtres. Et seul l'Unique en est l'objet.

***Dégoût du hasard ou de la fatalité, je vais m'en faire haïr plus qu'aimé. Parce que des convictions illusoirement infaillibles, vieilles de dix ans, se sont effondrées en l'espace de deux soirées. On déguste avec délectation ce que l'on a condamné à perpétuité. Les verres se suivent et se ressemblent, plus engloutis que bus, cet espèce de sirop plus relevé que d'ordinaire qui se boit comme du petit lait. C'est tellement facile. On va peut-être s'arrêter au dixième? Mais voilà que le doux parfum du poison qui brûle s'immisce dans ma bouche. Tirons, suffoquons notre amertume, inhalons la fumée tentatrice dans l'opacité de la nuit. Ô, douceur du plaisir interdit, détruit ce que je ne peux oublier. Rassurons-nous, ce ne sont là que les délires proférés par l'oracle Alcool. Mais regardez-le, le lendemain, sobre à nouveau, petite chose sans plus aucune dignité qui se traîne, aux pieds de cette marionnette, jouet de la Fausse Bienfaitrice, suppliant qu'on lui accorde la dépendance absolue dans laquelle il est sur le point de basculer. Ca y est, il aime, il s'y abandonne, il en descendra toute la soirée, malgré les gifles dissuasives de l'hôtesse déçue. Mais c'est une autre qu'il craint encore plus de décevoir...

***Bonheur falsifié, optimisme illusoire, le rire est emphatique. Il ne va pas bien. Et l'esprit fin a maintes fois pu le remarquer. En dehors de cela, il trompe tous les autres. Il loue l'égoïsme, crie qu'il a le droit d'être heureux et de rendre heureux. Sans cesse il accourt vous aider. A présent, c'est lui qui a besoin d'aide. Mais il la refusera. Il va tout arrêter, maintenant, il le sait, il veut en être sûr. Jusqu'à ce que le pas fluide, alerte, et assuré se remette à boiter...


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# Posté le dimanche 07 octobre 2007 11:11

Modifié le samedi 19 janvier 2008 05:43

Tomber amoureux. L'expression est on ne peut plus hasardeuse. Pourquoi donc tomber? Est-ce relatif au choc, à la soudaineté de l'impact? Malgré toutes les objections qu'on peut lui adresser, le premier linguiste français était un homme intelligent...______________________________________________________________________________

Tomber amoureux. L'expression est on ne peut plus hasardeuse. Pourquoi donc tomber? Est-ce relatif au choc, à la soudaineté de l'impact? Malgré toutes les objections qu'on peut lui adresser, le premier linguiste français était un homme intelligent…______________________________________________________________________________
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***L'homme est un contre-sens total. Il te recherche, Amour, avec cette pudeur fragile qui se brise au moindre accoup. Oui, Amour, sous quelques formes que tu apparaisses, toi seul désarme le plus invincible des hommes, parce que tu touche ce trésor si cher aux enfants de Dieu, sali, souillé, méprisé par celui qui ne veut plus voir: La sensibilité.

***Mais les hommes se méprennent sur ton compte, Amour. Jadis, tu étais honoré d'illustres noms, hélas aussi flatteurs qu'abusés. Car nous, faiblesse éphémère, orientons nos pas dans l'illusion de nos images, à travers les reflets de nos miroirs, l'ardeur de la flamme au plus profond de l'âme d'autrui. Ô, Amour... Pardonne notre ignorance, notre égoïsme. Car nous errons dans la tromperie d'un rêve inquiet, sans en voir la moindre couleur.

***Je n'ai pas la prétention de te comprendre, Amour. On te devine, mais on ne te démontre point. En revanche, je te découvre et redécouvre, et chaque jour j'apprends à aimer un peu plus. Car tu ne t'inscris pas toujours dans la durée, mais aussi dans l'instant. Amour, je l'avoue, je suis tombé amoureux d'un sourire au milieu des visages placides, crispés, et éteints. Je me suis enflammé pour une grande paire d'yeux noirs qui avaient tout juste un an. Je brûle d'amour pour Paris, j'ai été captivé par les traits d'un jeune homme. Je suis amoureux de Mozart, de Beethoven, de Rachmaninov et de Tchaïkovski. J'ai de l'affection pour le pavé humide des trottoirs, de la passion pour la pluie, et de la tendresse pour la neige. J'embrasse la brise qui m'effleure le visage, m'enivre d'un parfum inconnu. Je fusionne avec le piano et rougis devant le violon. J'ai le c½ur en fête face au rire naïf d'une de celles qu'on appelle "trisomiques", ce rire, le plus honnête du monde.

***Je suis amoureux des corps, nus, de ces arbres givrés au matin de l'hiver, de ces tempêtes d'ocre et de cuivre, laissées par les feuilles dans leurs sillages, un après-midi d'automne. Amoureux d'un bonjour, cueilli au coin d'une rue, de la vieillesse, fragile et courageuse. Amoureux de la danseuse, de l'inconnue aux yeux bleus et à la crinière de feu. Amoureux d'un timbre de voix, de longues mains effilées, d'un regard, d'un silence complice. J'aime le coquelicot qui s'éteindra le soir aux côtés du papillon, les champs de blés couchés par le vent, le silence de l'orage, la senteur des pins, l'odeur des croissants frais.

***Je suis amoureux des textes profonds, de la poésie de Bonnefoy, des vers d'Ovide et de Sapho. Amoureux des arts, du théâtre et de ses planches, amoureux du cinéma et de ses grandes salles sombres. Amoureux de l'indienne et de son sari, de l'africaine et de son boubou, amoureux de la japonaise, nouant son obi. Je suis amoureux des langues et des berceuses. Amoureux d'une photo, d'une peinture, d'un dessin, amoureux d'un paysage, amoureux d'un rêve, d'un souvenir. Amoureux d'une chanson, d'une mélodie, d'un mot.

***Oui, Amour, l'aveugle aime le toucher caresse du velours, la douceur de la plume, et l'irrégularité de la peau, le sourd aime la tendresse d'un baiser, les lèvres humides, le souffle chaud sur sa nuque, le muet aime les secrets, le hululement de la chouette, la mélancolie du erhu.

***Amour...j'ai tant de tendresse pour ce que tu façonne, nous, argile de ton inspiration, terreau de tes ½uvres fugaces et inachevées.


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# Posté le jeudi 04 octobre 2007 14:59

Modifié le samedi 19 janvier 2008 05:43

Inspiration soudaine en plein cours, mais la cadence de la dictée m'empêche toute mise sur papier immédiat. Le temps passe, et j'oublies. Du coup, un résultat médiocre, une frustration gênante. J'ai vu grand et vous livre petit. Vous admirez ma plume? Je la trouve imparfaite, pas assez mûre. Perpétuelle insatisfaction...______________________________________________________________________________

Inspiration soudaine en plein cours, mais la cadence de la dictée m'empêche toute mise sur papier immédiat. Le temps passe, et j'oublies. Du coup, un résultat médiocre, une frustration gênante. J'ai vu grand et vous livre petit. Vous admirez ma plume? Je la trouve imparfaite, pas assez mûre. Perpétuelle insatisfaction...______________________________________________________________________________
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***Aristote disait... Que disait-il déjà? Qu'enseignait-il jadis à Alexandre? La contingence, opposée au nécessaire... Mais encore?Au dehors, par delà la scène magistrale, le bleu Azur grise l'inaccompli, parachève l'ombre fluviale qui se profile. Animez-vous, ondes lyriques, élancez-vous, que déjà la mort vous recueille au coin de l'½il. Nymphes immortelles dans l'éphémère, finitude dans l'absolu, puissiez-vous figer votre chute dans l'intemporel, qu'éclatent vos artifices, Ô Larmes du divin!

***Mais revenons au Lycée d'Aristote. Ethique à Nicomaque... Père ou bien fils? Alors que le paradis choit sur Terre, s'épanche la douceur du rêve interrompu dans la tiédeur du demi-sommeil. Les bouches assoupies ont soif du savoir extérieur, ce mystère secret de la beauté qui se fond. Sur les parois de verres, les perles s'effilent en franges folles, rayent l'imaginaire de nos passions.

***Prudence, disait Aristote... Voilà que le parfum de la fraîcheur nouvelle épure l'immuable... Une constellation aqueuse qui éclate en suspend, fixité d'étoiles égarées sur le froid. Chantent nos âmes ennuyées dans la candeur orageuse. Frissons... Puis sursaut... à nouveau cette mouvance qui caresse l'échine et émeut.

***Mais Aristote? Que disait Aristote... Au diable Aristote!! La chute givre notre peau humide, effleure le sensible dans l'invisible. Entrouvrez donc ces fenêtres, laissez-nous nous perdre dans cette mélancolie qui fuit. La voilà qui s'éloigne! Attrapez-la, ne la laisser pas couler vers l'infranchissable... Elle s'est tue, elle s'éteint. Sur les bancs de nos peines, s'efface l'eau de chagrin.


N.B.: Pour ceux qui ne comprendraent pas le texte (et je crois que vous êtes nombreux), ça se passe pendant un courd de philo sur... Aristote. Et il pleut. Et on ne se concentre pas. Voilà.

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# Posté le mardi 02 octobre 2007 10:51

Modifié le samedi 19 janvier 2008 05:43