Sometime's life seems so stupid... Actually, men are always stupid. Just take a look aroud you. Wine, wine, wine, look at you too... You sound like so miserable.______________________________________________________________________________

Sometime's life seems so stupid... Actually, men are always stupid. Just take a look aroud you. Wine, wine, wine, look at you too... You sound like so miserable.______________________________________________________________________________
Vega4
Life is beautiful

♥ ♫ ☆



QUAND LE COEUR RESTE AVEUGLE
PART II


ATTENTION: TEXTE A CARACTERE ET VOCABULAIRE CRUS


***En vérité, Calvin, il a la trouille. Il sait pas ce qu'il veut faire de sa vie, c'est le néant total, ça lui fout les jetons ce qui l'attend. Merde, l'adolescence, c'est presque fini, quel métier choisir, y en a tellement qui lui plaisent? Comment décider sans avoir cette putain d'impression que tu gâche tout un pan de tes capacités. Calvin en a plein les couilles de la vie, des infos, des responsabilités. Ouais le suicide, c'est peut-être la solution, au final. Il veut plus vivre au frais de ses parents, il veut juste son indépendance et leur fric, bah ouais, c'est quand même ses vieux, faut qu'ils l'entretiennent. Calvin, il est pas fait pour rentrer dans un moule, il veut pas se spécifier dans un seul domaine, ça l'emmerde, mais à un point.
***Le jeune homme lâche un soupir bruyant tout en étirant ses membres engourdis par le froid. Son regard se pose sur le bâtiment qui fait face au parc, sur lequel il a une vue plongeante. L'hôpital. Un truc rempli de malades, à l'avant-goût de formole. Calvin s'arrête sur une fenêtre en hauteur, d'où s'échappe une faible lueur. A la vitre, on peut voir de la buée se former sur le verre entre deux mains accolées à la paroi. Puis un doigt trace dans l'humidité l'ébauche d'un c½ur, tout simple.

***Ce petit artiste, c'est Julien. Julien, il a 9 ans et un grand sourire aux lèvres. Julien, il ne vit pas chez ses parents. Sa maison, c'est cette chambre d'hôpital. Son chez-soi, il n'en a pas: Cet hôpital, il y est rentré, il n'en sortira plus. Julien, il ne sait pas si il aime ses cheveux. Ils sont tous tombés, c'est à cause des médicaments qu'on lui a dit, de la Chimio Terre Happy. Julien, il a pas de chaussures à 70 euros, ni de beaux vêtements. Il a sa blouse blanche, toute blanche. L'argent, il va dans les soins, c'est pour qu'il ait moins mal. Sa maman, elle a mal tout le temps quand elle vient le voir, c'est pour ça qu'elle pleure. Julien, lui, il aime l'amour, ses parents lui en donnent tout plein, et puis il y a la petite fille qui attend le bus tous les matin en bas de sa fenêtre... Julien, il a juste pas d'avenir, parce qu'il va mourir dans deux mois, d'un cancer du sang, la leucémie que ça s'appelle. Julien il a pas besoin du suicide parce qu'il est en phase terminale. Julien il sait tout ça, le médecin lui a expliqué. Et pourtant Julien, il est heureux.

***Calvin, il se sent tout con, là. Ses problèmes, c'est juste rien. Lui, il vit dans son petit monde égoïste, avec ses malheurs existentiels de merde. Calvin, il pense qu'à sa petite personne, il aime bien se plaindre. Mais aujourd'hui, Calvin, il s'est pris une grande claque dans la gueule. Calvin, il a juste compris qu'il pourra profiter d'un lendemain pendant encore longtemps. Calvin, il a pas encore réalisé que des gens comme Julien, bah sur cette Terre, ils font que passer. Calvin, pour un peu, il a envie de chialer. Mais non, les garçons ça pleure pas, c'est pas sensible... Putain de conformisme.


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# Posté le mercredi 05 décembre 2007 17:07

Modifié le mardi 27 mai 2008 09:31

Une toute petite histoire, si on peut l'appeler comme ça, en deux parties. Renouveau. Je suis très content, ça fait longtemps que j'avais envie d'écrire un texte comme ça.______________________________________________________________________________

Une toute petite histoire, si on peut l'appeler comme ça, en deux parties. Renouveau. Je suis très content, ça fait longtemps que j'avais envie d'écrire un texte comme ça.______________________________________________________________________________
Sufjan Stevens
Concerning the UFO Sighting Near the Highland

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QUAND LE COEUR RESTE AVEUGLE
PART I


ATTENTION: TEXTE A CARACTERE ET VOCABULAIRE CRUS


***Calvin a le c½ur serré. Il est encore parti de la maison, histoire de s'oxygéner le cerveau. Le froid hivernal lui mord les oreilles et lui pince les joues. Au moins, il ne risque pas de s'endormir. Les mains enfoncées dans les poches de son duffle-coat, le visage enfoui dans sa grosse écharpe de laine qu'il a enroulée autour de son coup, il marche au hasard, à travers la ville animée qui semble narguer le silence morne dans lequel il est plongé. Calvin n'aime pas cette ville, il ne s'y est jamais fait. Et il n'a pas envie de faire des efforts.
***Calvin évolue en ligne droite sur le trottoir, dans un état comateux. Il croise de temps à autre un visage inconnu qu'il ignore superbement comme chacun fait naturellement. Et merde, il y a encore de la boue partout, il en a plein ses converses. Pas envie de bousiller une paire à 70 euros. Et ras le bol d'être pauvre. Il faut qu'il trouve un boulot, marre d'habiter chez ses parents, vivement l'appart perso. Et puis faudrait penser au permis aussi, les transports en communs et leurs grèves à la con, ça commence sérieusement à saouler.

***Les pas de Calvin l'arrêtent devant un parc, pas un chat, juste le givre qui étouffe la pelouse. Et fuck l'hiver, ça pue l'humidité et les nez qui coulent. Le jeune homme se laisse tomber machinalement sur le banc "K+C égal à c½ur". L'amour... encore un sentiment inutile. Et puis ça rend gâteux. Mouais, il dit ça parce que sa vie sentimentale est au point mort, la vérité c'est qu'il peut pas voir un couple en peinture et qu'il a la rage d'être encore puceau. C'est pas sa faute s'il attire que les thons. Boaf, il s'en fout, ce soir, il se branle bien au chaud devant le nouveau magazine de cul qu'il vient de s'acheter. Et puis au pire, il ira voir les putes. Ca y est, il a la trique. Allez, on va dire que c'est le froid... Nan mais qu'est-ce qu'il raconte?

***Calvin et son cynisme à deux balles. Heureusement que personne n'est dans sa tête à ce moment là. De toute façon, il s'en fout, le monde est con, surtout les vieux. Et cette mentalité de merde, ce conformisme, ça commence à le gaver. Les filles, toutes des salopes, les gars, un tas d'enculés, allez, on prend les mêmes et on recommence. Bandes de cons. Oui, il l'a déjà dit. Faudrait voter une loi contre les relations humaines. Trop compliquées et inutiles. Ca te pourrit plus la vie qu'autre chose.
***Une envie soudaine de tirer une clope. Pourtant, il n'a jamais fumé de sa vie. Pourquoi alors ce désir stupide, pour un paquet de merde qui te troue les poumons et engraisse le corps médical? Et fait chier, il a oublié son baladeur, allez, vive le silence. Calvin n'aime décidément pas l'hiver. Ya qu'un quart de lumière, pas de soleil, mais ça c'est la faute aux pots d'échappement. Et puis c'est le blues, la déprime qui n'en finit pas.

***Non, mais si Calvin est comme ça, ya des raisons. S'il en veut à la Terre entière, c'est aussi parce qu'il s'en veut d'abord à lui. Ouais, Calvin, il voudrait bien changer sa vie de merde. D'abord il s'aime pas, il est trop petit et peut pas voir ses cheveux. Oui, il a son petit bac de merde dans la poche, et tout ça, ça va le mener où? Monsieur fait des études, mais les résultats sont ras les pâquerettes, qu'est-ce qu'il fout ici. Et ça va le mener où au juste? C'est chiant le futur... c'est chiant de grandir. Oh bien sûr il a ses rêves, ces trucs inutiles qui servent à rien parce que le facteur réel est bien trop écrasant pour qu'on y croit. Pourtant, il rêve d'une carrière, autre que cet étroit chemin qu'on lui a tracé. Ouais, le truc avec les paillettes, la gloire, la reconnaissance. Calvin veut être riche plus tard, pour s'acheter tous ces trucs superficiels devant lesquels il bave.




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# Posté le mercredi 05 décembre 2007 16:42

Modifié le mardi 27 mai 2008 09:32

Te Noy toi yeu em, Te Noy congye. Retour au pays. Je t'aime Mémé, Adieu Mémé...______________________________________________________________________________

Te Noy toi yeu em, Te Noy congye. Retour au pays. Je t'aime Mémé, Adieu Mémé...______________________________________________________________________________


Joe Hisaishi, the Legend of Ashitaka ♥ ♫ ☆

HOMMAGE

Le noir et le blanc s'unissent dans le deuil
Nos tendres souvenirs glissés dans le linceul
Une paix sensible au milieu des éplorés
Qu'aucune pudeur ne pourrait plus cacher.

Te Noy toi yeu em
Te Noy congyé

Tandis qu'au loin, s'élève l'élégie des bonzes,
Le son céleste d'une cloche de bronze
Et l'odeur de l'encens parfument nos larmes
Nos lèvres effacent ces soupçons de blâme

Te Noy toi yeu em
Te Noy congye

Mon c½ur t'abrite, embaume le jasmin,
Ces longues heures où je te tenais la main.
Ici la neige est douce et chaleureuse
L'erhu plaintif rend l'âme bienheureuse

Te Noy toi yeu em
Te Noy congye


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# Posté le lundi 12 novembre 2007 13:57

Modifié le mardi 27 mai 2008 09:36

Vous conservez encore vos peluches? Gardent-elles des secrets, les vôtres? Substituts de tendresse prétextes aux câlins, au jeu, on a tous serré au moins une fois ces réserves de douceur...______________________________________________________________________________

Vous conservez encore vos peluches? Gardent-elles des secrets, les vôtres? Substituts de tendresse prétextes aux câlins, au jeu, on a tous serré au moins une fois ces réserves de douceur...______________________________________________________________________________
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Ayumi Hamasaki, Teddy Bear ♥ ♫ ☆


***Dehors, il fait froid, mais la couette est chaude. Ce soir, il fait orage, aussi bien à l'extérieur qu'au ré de chaussé, dans le salon. Dans la chambre, l'enfant est recroquevillé sur le côté, en position de f½tus, dans ce même creux de lit qui a fini par prendre le pli et où il se blottit tous les soirs. Il tremble, malgré la chaleur du sommeil et sursaute à chaque fois que la voix crie. Son c½ur bat fort, et contre lui, il tient serré un ours en peluche aussi vieux que lui. Il aime son ours. Parce qu'il est doux, mais surtout parce qu'il a cet incroyable don de garder les secrets. Il écoute toujours et ne parle jamais. Ce soir encore, il se rassure en lui murmurant ses peurs à l'oreille.
***Un bruit de verre brisé, puis le cri d'une femme. Le garçon ferme les yeux et serre son ours un peu plus fort. Et il embrasse sa tête comme s'il voulait mettre l'amour là où il manquait cruellement. Les cris s'éteignent. Mais ces nuits là, ce sont les silences qui font le plus peur. Puis on perçoit à nouveau des murmures lointains, et les séries de cris reprennent. L'enfant chuchote les vers de Prévert qu'il a appris à l'école pour couvrir les voix. Il voudrait s'endormir, tout de suite, pour oublier tout ça, mais dans sa tête résonnent encore les paroles haineuses que se crachent en bas les occupants du séjour.
***On perçoit en bas des bruits de lutte, puis une femme appelle à l'aide, prononce son nom. Mais l'enfant reste paralysé, il n'a que huit ans. Doucement, il chantonne une comptine en sanglotant, ses larmes viennent baigner l'ourson. "Arrête, arrête", entend-t-il. Et l'enfant chante plus fort. Puis un bruit de porte qui claque. La femme est partie. Alors la lumière du couloir filtre à travers la porte de sa chambre, et l'enfant fait son possible pour sembler dormir tandis que l'homme monte à l'étage.


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# Posté le dimanche 11 novembre 2007 09:05

Modifié le mardi 27 mai 2008 09:47

Moui, j'aime bien mêler la réalité du corps et des sens avec la réalité de l'état d'esprit.Ti la la di doum. Ma vie ne sera jamais un long fleuve tranquille______________________________________________________________________________

Moui, j'aime bien mêler la réalité du corps et des sens avec la réalité de l'état d'esprit.Ti la la di doum. Ma vie ne sera jamais un long fleuve tranquille______________________________________________________________________________


Sia, Breathe me (merci Angie) ♥ ♫ ☆


***Il court, insouciant, vers le manège, d'où s'échappe déjà une flopée de rires d'enfants. Et le manège chantonne tout en tournant, comme une boîte à musique, une mélodie légère et grisante. C'est l'été, il fait chaud, l'air embaume la glace à la vanille et le baiser volé. L'horizon se colore peu à peu des souvenirs glanés sur un banc, à l'abri des regards, à l'ombre des grands cyprès. L'enfant court toujours, ses pieds sont nus et soulèvent la poussière sous ses pas. Sa chemise blanche qu'il a laissée entrouverte est rentrée dans son bermuda gris à carreaux et se gonfle de temps à autre sous les impulsions d'un vent chaud et léger. Un parfum de mûres sauvages vient lui chatouiller les narines tandis qu'il ôte son gavroche et découvre ses cheveux châtains mi long.

***Le manège s'est arrêté. L'enfant le contemple de ses grands yeux bleus, intimidé. D'une main hésitante, il empoigne la rambarde et se hisse sur les planches de bois vernis. Il erre un moment parmi les dorures et les peintures naïves qui ornent la colonne centrale. Ses doigts rencontrent l'irrégularité des boiseries, ses yeux brillent alors qu'il cherche une monture au milieu des piliers. Il passe devant un carrosse où sont assisses trois petites filles sages, un éléphant mené par un garçon plus grand que lui, une auto où deux amoureux se disputent déjà le volant. Le voilà enfin qui s'arrête devant les chevaux, leur corps élancé dans une posture figée. Il a le sourire malicieux et les yeux pleins d'envie sous les lumières chaudes du plafond. Il choisit le plus petit, un tout blanc, avec de grands yeux marrons, tout doux. A côté, sur un poney gris, une petite fille se cramponne à son pilier. On dirait un bonbon avec sa robe bouffante rose pâle et ses n½uds blancs qui s'entrelacent dans ses longues boucles brunes. Ils se sourient, avec l'innocence de l'âge, sans pudeur.

***Lorsque le manège se remet à chanter et à valser sur lui-même, ils se donnent la main. Et ils rient sur leurs chevaux qui se balancent nonchalamment de haut en bas. Et les autres enfants rient aussi, en farandole colorée, dans leur épopée imaginaire. Autours, tourbillonnent au loin les marronniers où l'on grave les secrets les plus simples et les plus profonds. A côté, se joignent d'autres rires, provoqués par les pitreries d'un guignol qui captive tous les regards. Le manège tourne plus vite, chante plus fort, étourdi les rêves les plus fous. Et le garçon sur son poulain agite son gavroche en découvrant ses dents blanches. Dans le ciel, un ballon, égaré par une menotte distraite, s'élève au hasard, jusqu'à disparaître derrière les nuages.

***Soudain, le manège ralentit, la musique n'est plus qu'un fond de sourdine, s'évanouit peu à peu jusqu'à se taire complètement. Les enfants fuient, le petit garçon sent les doigts de sa voisine glisser de sa main, alors qu'elle-même s'efface du paysage. Et toute autre présence humaine disparaît aussitôt. L'enfant est seul, les couleurs tournent aux pastels et n'arborent bientôt plus que des niveaux de gris. Et le garçon ne pense plus, il ne fait que regarder les alentours sans comprendre, ébahi. Il ne sourit plus, ses yeux son tristes et inquiets. Il appelle à l'aide. Mais il n'y a plus personne, il n'y a que le manège qui ne tourne plus, silencieux, comme si la clef qui remontait la boîte à musique s'était cassée, il y a les bancs vides, les marronniers nus, le théâtre désert et la carriole du marchand de glace. Le soleil a disparu, et un vent glacé se lève. L'enfant grelotte, il a froid, il a peur. Il appelle encore une fois... mais il est seul. Alors il reste assis sur le bord du manège, sans bouger, le regard vide et les pieds nus.

***L'enfant continue de grandir, toujours assis sur le manège. Parfois, les couleurs reviennent, le manège se remet en marche, et les enfants au rire frais réapparaissent. Alors il oublie tout jusqu'à ce qu'à nouveau le silence retombe sur lui. L'enfant n'est plus enfant, il est trop grand, mais reste sur le manège. Seulement il ne rit plus, même lorsque le monde revit. Parce qu'il sait que bientôt, il sera à nouveau seul.

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# Posté le dimanche 11 novembre 2007 06:51

Modifié le mardi 27 mai 2008 09:48