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Trois hommages pour trois songes dans cette nouvelle. Et le deuxième s'achève déjà. Un air de déjà vu pour moi, mais je me comprends. Deux suites pour le prix d'un, histoire de me faire pardonner pour l'attente...______________________________________________________________________________

Trois hommages pour trois songes dans cette nouvelle. Et le deuxième s'achève déjà. Un air de déjà vu pour moi, mais je me comprends. Deux suites pour le prix d'un, histoire de me faire pardonner pour l'attente...______________________________________________________________________________







TROIS SONGES POURPRES
POUR UN SOUPIR
PARTIE III






***La musique s'est arrêtée, la lumière, évanouie. Mais la danseuse continue son ballet qui prend des allures singulières, perdu dans un profond silence que viennent seulement rythmer ses pas lorsqu'elle retombe sur l'estrade. On peut presque percevoir le son inaudible de son souffle, tandis qu'elle s'alanguit, se courbe, nous invite à ce nouveau langage, la danse dans la simple pureté des mouvements d'un corps dans l'espace, et le silence comme musique absolue. Gracieuse, agile, elle enchaîne les vrilles et les courses d'entrechats avec la lenteur des mouvements amples, la nuance du corps dans sa presque immobilité. Perdue dans une pénombre sans nom, elle n'est plus que flamme de l'âme, guide aveugle de l'immuable. C'est un spectacle... assourdissant, une dimension vertigineuse. On perd toute notion de réalité. Mais voilà qu'au centre, elle se fige.
***La chaude lumière d'un soleil agonisant baigne alors l'estrade, dissipant à nouveau ces ténèbres éphémères. L'épingle de son chignon impeccablement nouée est ressortie et libère sa crinière auburn. Le silence semble s'accrocher à nouveau à la scène. Soudain, ses pieds martèlent les planches en bois de rose, lentement d'abord, puis avec une fréquence de plus en plus rapide.
Esmeralda Suite
Santa Esmeralda

♥ ♫ ☆

***Au loin, un son de guitare s'élève, audacieux, un tantinet fou, des mains tapent un rythme effréné en cadence. Son visage s'est durci, affiche quelque chose de passionnel, le regard s'est embrasé. Ses mains expertes font claquer ses doigts tandis qu'elle exerce de savants mouvements de poignets. Le reste du corps tarde à s'exprimer. Enfin, elle virevolte sur elle-même, ses mouvements sont plus durs, plus forts, plus agressifs, elle va très vite, se lance dans une improvisation fusionnelle. Parfois, elle ralentit, son corps devient plus suave, rivalise de sensualité. Le temps d'un flamenco, elle s'est faite Carmen. Tantôt, elle retranscrit la colère et la douleur, tantôt, c'est la peur et la passion qu'on lit en elle. La voilà qui joue avec son corps, les talons frappent le sol sans pitié, le tissu s'agite en tout sens, dévoilant le galbe de ses jambes. Malgré l'exigence éprouvante de l'exercice, le plaisir est total. Les battements du c½ur s'accélèrent, se calquent sur le rythme frénétique qui va crescendo. La fréquence des battements de mains se fait plus courte, les mouvements du corps de plus en plus rapides, saccadés. Les pas martèlent le sol de plus en plus fort, à une vitesse vertigineuse. On retient son souffle, la poitrine manque d'exploser...Dernier claquement de talon, assourdissant...et le silence retombe.
***Alors, elle imagine la clameur s'élever des gradins, et tandis que ses joues s'empourprent sous l'effet de la chaleur, elle salue sous les ovations silencieuses de son public fantôme, modeste triomphe qu'elle ne savourera que d'avantages. Mais voilà que les portes de l'amphithéâtre s'ouvrent à la volée, et aussitôt s'y engouffre une lumière aveuglante
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# Posté le jeudi 13 novembre 2008 17:42

Modifié le samedi 15 novembre 2008 05:21

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