THE END

Soudain l'Orage, c'est fini. Merci aux celles et ceux qui m'ont lu et m'ont fait partager leurs sentiments, impressions.

Si le blog s'arrête, je continues à écrire. Je quitte la sphère skyblog, qui se dégrade de plus en plus niveaux qualité, à mon humble avis, et émigre ICI. Avis à ceux et celles qui veulent me suivre. Dans un premier temps, je reposterais deux anciennes nouvelles, celle de l'enfant qui n'avait pas de reflet et la tourmente blanche, puis je passerais aux inédits dont la toute dernière se nomme "aux lueurs de Tokyo"

Merci pour votre soutient, votre patience, vos mots!!
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# Postato venerdì 09 ottobre 2009 14:31

Le rouge dépose ses dernières couleurs, puis, on passe à autre chose. Réveil______________________________________________________________________________

Le rouge dépose ses dernières couleurs, puis, on passe à  autre chose. Réveil______________________________________________________________________________
TROIS SONGES POURPRES
POUR UN SOUPIR
PARTIE IV



***Soudain, elle fait volte-face, et s'élance au dehors. Dévalant l'escalier à vive allure, elle entame une course vers l'inconnu. Ses pieds nus rencontrent l'humidité des pavés tandis qu'elle passe en trombe devant une boutique qui fait sécher des piments par rangées. Sa longue robe effilée, aux amples manches, d'un ocre sombre, flotte derrière elle alors qu'elle poursuit son errance. Où fuir? Que chercher? Elle a rejoint la foule qui se presse d'allégresse aux sons des tambours, autour des danses de dragons. Mais elle continue de courir, dépasse le cortège d'une mariée vêtue de pourpre. Que veut-elle? C'est un secret... Osera-t-elle le demander? C'est un souhait si ridicule... Aussi légère que fragile, aussi agile qu'éphémère, tel un ardent ph½nix, elle vole vers l'horizon incandescent. Anonyme d'une nuit, mais déesse le jour, la voilà longeant le fleuve jaune qui vire à l'écarlate sous le souvenir sanglant des malheureuses nouveau-nées qu'ont accueilli ses eaux tumultueuses. Elle est si lasse, si fatiguée de jouer, de simuler, de mentir. Sa vie n'est qu'une longue calligraphie de non-dits. Elle traverse à présent un grand marché, croise le marchand de pommes d'amour, le vendeur d'épice et son safran, le potier et ses terres cuites.
***Enfin, elle s'est arrêtée, sur les toits d'une ancienne bâtisse impériale. Ses cheveux, qu'elle repousse du cinabre de ses ongles, s'affolent en désordre devant son front. Ses pupilles, décolorées par les larmes, arborent de discrets reflets paprika. Au loin, la douce plainte de l'erhu vient lui flatter l'oreille. Pensive, elle observe la ville en effervescence, cette fourmilière informe qui célèbre l'unité mais ne se soucie guère de l'individu. Elle ne veut pas être égoïste... Elle veut juste être aimée.

***Lorsqu'il rouvre les yeux, il est allongé à même le sol. A nouveau, il tâte son front: la fièvre semble s'être dissipée. Il reste un moment étendu là, pensif. Lors de son délire, c'était elle qui lui était apparue. Elle pour qui il éprouve une admiration sans bornes, une fascination étrange. Et pourtant, ils sont de même sang, de même trempe, de même sensibilité. Tous deux aspirent vers l'art, tendent vers une perfection indicible, sans jamais réussir à l'atteindre.
***Des coups frappés à la porte l'extirpent de sa rêverie. Il se lève, alerte, les sens à fleur de peau, et va s'enquérir à la fenêtre... C'est elle. Mais laquelle? Lui seul le sait. Tout se fige, en quelques secondes, il plonge dans l'intemporel. Bondissant hors de sa chambre, il dévale quatre à quatre les marches de l'escalier et, pris d'une fièvre nouvelle, s'arrête devant la porte d'entrée. Son souffle est chaud, sa gorge, sèche. Il passe nerveusement le bout de sa langue le long de ses dents, ses doigts s'entortillent dans ses cheveux. Après un court instant d'hésitation, durant lequel mille questions lui traversent l'esprit, il pose sa main sur la lourde poignée en fer forgé et actionne le verrou. Le battant bascule lentement... dévoilant l'encadrement de la porte... Elle est là.
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# Postato venerdì 09 ottobre 2009 14:23

L'air de rien, la vie, ça occupe beaucoup, alors je fais un petit saut pour les curieux, et je repars comme je suis venu. Le reste suivra, mais pas tout de suite______________________________________________________________________________

L'air de rien, la vie, ça occupe beaucoup, alors je fais un petit saut pour les curieux, et je repars comme je suis venu. Le reste suivra, mais pas tout de suite______________________________________________________________________________
TROIS SONGES POURPRES
POUR UN SOUPIR
PARTIE IV


***Ses paupières se sont entrouvertes. Il a les yeux bouffis, sa pupille l'irrite: il a pleuré. De fatigue, sûrement, se dit-il. Son nez saigne un peu. Des gouttes de sueurs perlent sur ses tempes. Il porte une main à son front. Celui-ci est brûlant. Le voilà malade. Sa vue se brouille. Pris de vertiges, il s'écroule sur le lit et plonge dans un semi-coma où le délire supplante les rêves.

***Chine communiste, dans un vieux quartier de Shanghai, laissé pour compte depuis plus d'un demi siècle et n'abritant qu'une faible population. L'aube arbore tout juste ses premières couleurs, reflétées par les tuiles des toitures. Les portes en Huanghuali, autrefois imposantes et brillantes, témoins de siècles florissants immémoriaux, semblent à présent se recroqueviller sur la misère amère d'un présent sans fond et donner, à chaque nouveau seuil, sur un monde mystérieux et effrayant. Quelques fois, on peut apercevoir au-dessus de leur fronton une lanterne, dont la flamme, à travers le papier, brille comme les rubis, unique richesse d'un jour.
***Elle se tient là, dans la pâle pénombre, le corps droit, la tête inclinée. Dans un coin de la chambre, le lit est défait, les plis sinueux du drap témoignent d'une nuit agitée. A terre, contre le mur, gît, éventrée, une boîte en camphrier laquée qui ne renferme plus que des souvenirs.
***Immobile, vulnérable, tournant le dos à la porte qu'il a laissé ouverte avant de disparaître, elle frissonne plus qu'elle ne tremble. Sa main droite enserre son avant-bras qui pend négligemment le long de son corps. Ses longs cheveux lisses, d'un noir de jais encadrent un visage fin que vient rehausser une bouche grenade aux reflets cuivrés dont elle se mordille nerveusement la lèvre inférieure.
***Il vient de partir. La pièce est encore imprégnée de son parfum en suspend, ultime gage de sa présence tout juste fraîche. Elle ferme les yeux, et inspire avec difficulté, la gorge nouée par quelques sanglots étouffés. Lui compris, combien cela fera-t-il? Parmi tous ceux qui se sont succédés, serait-ce enfin le bon? Elle a peur, mais elle a envie d'y croire. Chaperon maladif qui s'en va chercher le loup, avec le fervent espoir de le changer en agneau. Elle est douce, elle est belle... mais elle peine à se trouver d'autres talents.

***Au loin, on perçoit le bruit sourd des pétards qu'on allume pour chasser les mauvais esprits. C'est nouvel an, chacun fait la fête. Ici, le goût est au silence. La chambre, vide, est oppressante. Elle a les muscles tendus et les yeux fatigués. Que fait-elle donc ici, parmi les décombres d'une gloire presque éteinte qui refuse de se ranimer? Ses yeux, figés dans une stupeur peinée, semblent fuir la précarité insalubre du quartier.

# Postato domenica 10 maggio 2009 14:00

Modificato domenica 10 maggio 2009 14:17

Trois hommages pour trois songes dans cette nouvelle. Et le deuxième s'achève déjà. Un air de déjà vu pour moi, mais je me comprends. Deux suites pour le prix d'un, histoire de me faire pardonner pour l'attente...______________________________________________________________________________

Trois hommages pour trois songes dans cette nouvelle. Et le deuxième s'achève déjà. Un air de déjà vu pour moi, mais je me comprends. Deux suites pour le prix d'un, histoire de me faire pardonner pour l'attente...______________________________________________________________________________







TROIS SONGES POURPRES
POUR UN SOUPIR
PARTIE III






***La musique s'est arrêtée, la lumière, évanouie. Mais la danseuse continue son ballet qui prend des allures singulières, perdu dans un profond silence que viennent seulement rythmer ses pas lorsqu'elle retombe sur l'estrade. On peut presque percevoir le son inaudible de son souffle, tandis qu'elle s'alanguit, se courbe, nous invite à ce nouveau langage, la danse dans la simple pureté des mouvements d'un corps dans l'espace, et le silence comme musique absolue. Gracieuse, agile, elle enchaîne les vrilles et les courses d'entrechats avec la lenteur des mouvements amples, la nuance du corps dans sa presque immobilité. Perdue dans une pénombre sans nom, elle n'est plus que flamme de l'âme, guide aveugle de l'immuable. C'est un spectacle... assourdissant, une dimension vertigineuse. On perd toute notion de réalité. Mais voilà qu'au centre, elle se fige.
***La chaude lumière d'un soleil agonisant baigne alors l'estrade, dissipant à nouveau ces ténèbres éphémères. L'épingle de son chignon impeccablement nouée est ressortie et libère sa crinière auburn. Le silence semble s'accrocher à nouveau à la scène. Soudain, ses pieds martèlent les planches en bois de rose, lentement d'abord, puis avec une fréquence de plus en plus rapide.
Esmeralda Suite
Santa Esmeralda

♥ ♫ ☆

***Au loin, un son de guitare s'élève, audacieux, un tantinet fou, des mains tapent un rythme effréné en cadence. Son visage s'est durci, affiche quelque chose de passionnel, le regard s'est embrasé. Ses mains expertes font claquer ses doigts tandis qu'elle exerce de savants mouvements de poignets. Le reste du corps tarde à s'exprimer. Enfin, elle virevolte sur elle-même, ses mouvements sont plus durs, plus forts, plus agressifs, elle va très vite, se lance dans une improvisation fusionnelle. Parfois, elle ralentit, son corps devient plus suave, rivalise de sensualité. Le temps d'un flamenco, elle s'est faite Carmen. Tantôt, elle retranscrit la colère et la douleur, tantôt, c'est la peur et la passion qu'on lit en elle. La voilà qui joue avec son corps, les talons frappent le sol sans pitié, le tissu s'agite en tout sens, dévoilant le galbe de ses jambes. Malgré l'exigence éprouvante de l'exercice, le plaisir est total. Les battements du c½ur s'accélèrent, se calquent sur le rythme frénétique qui va crescendo. La fréquence des battements de mains se fait plus courte, les mouvements du corps de plus en plus rapides, saccadés. Les pas martèlent le sol de plus en plus fort, à une vitesse vertigineuse. On retient son souffle, la poitrine manque d'exploser...Dernier claquement de talon, assourdissant...et le silence retombe.
***Alors, elle imagine la clameur s'élever des gradins, et tandis que ses joues s'empourprent sous l'effet de la chaleur, elle salue sous les ovations silencieuses de son public fantôme, modeste triomphe qu'elle ne savourera que d'avantages. Mais voilà que les portes de l'amphithéâtre s'ouvrent à la volée, et aussitôt s'y engouffre une lumière aveuglante
.

Pix:#

# Postato giovedì 13 novembre 2008 17:42

Modificato sabato 15 novembre 2008 05:21

Une suite tout en musique pour ceux qui veulent suivre l'ambiance dans laquelle elle a été écrite. Souvenirs. Quant à l'explication du pourquoi je publies plus sous l'impulsion qu'autre chose... Mystère. Merci de votre patience.______________________________________________________________________________

Une suite tout en musique pour ceux qui veulent suivre l'ambiance dans laquelle elle a été écrite. Souvenirs. Quant à l'explication du pourquoi je publies plus sous l'impulsion qu'autre chose... Mystère. Merci de votre patience.______________________________________________________________________________
TROIS SONGES POURPRES
POUR UN SOUPIR
PARTIE II


***Il s'est levé, pour ajourer les stores. Les feux de l'astre embrasent à présent les murs, et tout autour, le crépuscule pleut. Il s'est rassis et a ramené ses genoux tout contre sa poitrine. Celle qu'il aime...pourquoi éprouve-t-il tant d'aversion à employer ce verbe? L'aime-t-il encore? Comment peut-on perdre toute confiance en une valeur qu'on a toujours crûe sûre? Il sourit: on croirait entendre le monologue d'un héros racinien.
***Celle qui l'attire... Il se souvient: il y a encore quelques jours, il avait renoncé, ça faisait trop mal, ils s'étaient blessés. Il était en colère contre lui, contre elle aussi. A présent, il est plus serein, il veut juste ne plus y penser. Le temps d'un instant, il s'accorde pourtant une dernière faiblesse. Tendrement enserré en f½tus, il ferme les yeux et laisse aller son imagination...

***La salle est plongée dans l'obscurité, en dehors d'une estrade qu'éclairent faiblement de vieux projecteurs. Elle est assise sur le bord, une jambe repliée sur elle pour lacer son chausson. Elle s'applique, prend le temps de nouer les rubans, d'ajuster le n½ud. Puis elle se lève, arpente un peu la scène. Ses pas raisonnent et font échos sur les murs de l'amphithéâtre. Elle fait quelques pointes, deux, trois entrechats... le visage, concentré, ne laisse transparaître aucune émotion. Puis, toujours impassible, elle fait face aux rangées de fauteuils écarlates et habille sa bouche carmin d'un de ces sourires de spectacles, le sourire poli de tout artiste qui se produit en public. Soudain, un tressaillement: sa main vient d'agripper le tissu de sa tunique fuschia. Nervosité, excitation? Mais déjà le geste qui l'a trahi s'efface, à nouveau remplacé par sa superbe. Quelques pas de geisha en arrière, et elle s'immobilise dans une posture singulière.
Opus 36
Dustin O'Halloran

♥ ♫ ☆
***Alors on entend le ronronnement d'un appareil qui s'enclenche, puis un léger ballet s'élève. La musique est naïve, un peu enfantine, comme sortie d'une boîte à musique. Elle se meut, comme soudain animée d'un souffle nouveau, et peu à peu, elle rentre en symbiose avec la mélodie. On dirait une poupée qui évolue, solitaire, dans un coffre à jouet. Les mouvements, volontairement maladroits, sont saccadés, les expressions sont maîtrisées au millimètre près, le regard est perdu. C'est une fascination totale pour la beauté de la technique.
La Valse d'Amélie
Yann Tiersen

♥ ♫ ☆
***Subitement la musique change, les nuances se font plus fines, la mélodie s'assombrit. Et avec elle, mûrit la danseuse: son corps s'assouplit, elle se fait mouvance, le regard s'anime. Et le c½ur s'ouvre enfin, se complait dans cet unique art, ses membres vivent ses émotions intérieures. Et elle, devient femme. Elle a dépassé la technique pour ne plus que servir sa passion. A la fois si forte et si fragile, elle évolue, errante, entre les lourds rideaux d'un velours bordeaux, de part et d'autre de la scène. Et voilà qu'un nouveau sourire se dessine sur ses lèvres. Mais alors que la politesse s'est effacée, c'est uniquement le plaisir qui le soutient.



Pix:#

# Postato giovedì 13 novembre 2008 17:13

Modificato sabato 15 novembre 2008 05:19